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Les pauvres sont tous les mêmes ou des chevreuils à vive allure


A l'invitation de Hubert Colas au festival d'Avignon 2005 dans le cadre de Désirs d'auteurs, Marielle Pinsard écrivit Les pauvres sont tous les mêmes ou des chevreuils à vive allure, un texte vif et caustique sur la pauvreté et la mendicité qu'elle présentait sous forme de lecture. Né de la complicité avec les comédiennes Julie Cloux et Catherine Büchi, ce texte à trois voix féminines réactive les thèmes chers à l'auteur et metteur en scène lausannoise: la surconsommation, l'inertie, la mauvaise foi, le confort propres à nos sociétés occidentales.

Au Centre Culturel Suisse à Paris et au Lieu Unique à Nantes, Les pauvres sont tous les mêmes connaît une nouvelle étape. Dans une scénographie composée d'images vidéos conçues par le VJ Michael Spahr, le texte prend les volumes d'un spectacle.

Sur scène, trois bourgeoises, sac Gucci et champagne à la main, discutent sur la manière de s'y prendre si on est pauvre pour ne pas le rester. Elles établissent une liste d'idées pour être original en cas de précarité et proposent briefings et solutions marketing pour éviter le gonflement des statistiques de chômage.

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Comment améliorer les ''revenus'' ou la qualité de vie des pauvres ? Si les pauvres cultivaient leur humour, leur bien-être ne s'améliorerait-il pas ? Est-il possible de donner à tout le monde ? Et d'abord, les pauvres sont-ils vraiment pauvres ? Au fur et à mesure de leurs échanges, elles développent un discours paranoïaque sur la pauvreté et s'enferment dans une vision proprement égocentrique: la misère du monde n'est-elle pas qu'une mise en scène subtile pour profiter de leurs richesses et abuser de leur générosité ?

Drôle, ce texte n'en est pas moins une critique désenchantée d'un monde capable de responsabiliser, voire culpabiliser les plus démunis. La pauvreté y est décrite cyniquement comme un chemin choisi, une activité à rentabiliser, une entreprise à faire fructifier. Les propos argumentés sous forme de confidences au public sont une suite de raccourcis, de lieux communs et de banalités qui nous font parfois échos. Ils forment une conversation entre dames de bonne compagnie, volée à l'heure du thé, un discours qui dessine peu à peu le visage d'une société bien pensante, engluée dans ses préjugés, et qui glisse vers le pire. Un point de vue bourgeois sur la manière dont les pauvres devraient gérer leur propre pauvreté.