D'après Andromaque, adaptation Marielle Pinsard
Marielle Pinsard parie - pour ce projet mené de concert avec la commission théâtre du Cycle d’orientation - sur les potentialités de la tragédie : manière de provoquer un débat autour de la raison d’être du théâtre. De sa nature, de sa fréquentation, de son rejet ou de son attraction.
Elle choisit Racine, coup de coeur de ses années de conservatoire, pour aller à la rencontre d’adolescents, qui, a priori, entretiennent avec ce répertoire un rapport quasi inexistant, indifférent. Marielle Pinsard s’intéresse justement à ceux qui considèrent le théâtre comme dépassé, figé, rasant. Elle veut pourtant leur faire entendre l’histoire de Pyrrhus, héros trop parfait qui allie réussite et droiture, dont l’imbroglio amoureux n’est pas sans résonner avec les rebondissements du sitcom le plus ordinaire : Oreste (Lui) qui aime Hermione (Elle) qui aime Pyrrhus (Lui) qui aime Andromaque (Elle) qui aime Hector (Lui) qui est mort (ou qui est aux Etats-Unis)...
Le choc entre les vers et le langage des jeunes, le télescopage d’époques, de références, de mots et de musiques, deviennent le révélateur des dissonances et assonances avec le XVIIème siècle. Le classique reste classique, et donc lointain et étranger, l’enjeu réside alors dans la qualité de son appropriation et de sa mise en écho, aujourd’hui.